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26 avril 2008
Franck Thilliez (2) : Train d'enfer pour ange rouge.
Malgré un titre un peu pourri en apparence, ce premier roman de Franck Thilliez tient toutes les promesses que peut tenir un auteur de thrillers à l'américaine. On y trouve du sexe trash - dans des backrooms SM :
"Première salle, salle de médecine. (...) Au centre, un homme bedonnant, riche en poils, sanglé sur la table tel un porc bien rose. Quatre femmes masquées, déguisées en infirmières, lui flagellaient avec tact les parties sensibles, lui arrachant chaque fois un râle de douleur. Ses bourses enflèrent et son sexe se tendit comme une matraque de CRS. Les officiants disposaient de divers instruments, genre rouleaux à ramollir les pâtes à pizza et, éventuellement, le sexe (...)" (p. 217).
du sang, de la testostérone, des litres de café, un tueur sanguinaire et machiavélique, un flic solide et attachant (Franck Sharko, qu'on retrouve avec le plus grand plaisir dans l'excellentissime Deuils de miel), des larmes, du suspense, de l'amour, de l'amitié, des vannes foireuses - "Vous savez que la pisse de bison, c'est ce qui donne le goût à la vodka ? Sans la pisse, une vodka devient de l'alcool à patates imbuvable." (p. 278), Doudou Camélia et ses transes, une profaïleuse, de la mystique médiévale, et l'incontournable police scientifique.
C'est dans les droites cordes du très bon thriller, mais ça se passe en France, entre la région parisienne (pas loin parfois de Melun - qu'on retrouve aussi dans Deuils de Miel) et le Nord (que j'ai bien du mal à prononcer sans prendre l'accent de Galabru, maintenant !).
L'ensemble est très documenté, chaque chose s'appelle par son nom même si cela défie parfois largement la logique d'ailleurs ; par exemple, un des personnages, un peu fêlé (euphémisme), aime les duels de gladiateurs. Franck Sharko arrive chez lui - Franck est le narrateur de l'histoire - et décrit la scène en ces termes :
"Trois gladiateurs croisaient le fer au centre d'une piste circulaire de sable. Deux d'entre eux, un rétiaire armé d'un filet et d'un trident, et un hoplomaque, équipé d'un lourd bouclier rectangulaire et d'une épée longue, s'érigeaient contre le troisième, un secutor à l'allure plus vive et à l'équipement extrêmement léger." (p. 360).
Peut-être mes lecteurs sont-ils bien plus érudits que je ne le suis, mais je n'ai pas trouvé, dans la vie de Sharko, de raisons à une connaissance aussi pointue de la terminologie des gladiateurs. Parfois aussi, les personnages se mettent à parler "comme des livres", se lançant dans une courte envolée lyrique. M'enfin, ce ne sont que des détails, on dira que l'auteur se fait plaisir ;-)
Le seul moment qui m'a déçue - dans ce roman comme dans Deuils de miel, décidément - c'est le moment de la confrontation avec le meutrier, lorsque celui-ci "explique" le pourquoi du comment au flic. J'espère ne pas trahir un trop grand secret en disant qu'à la -presque- fin du bouquin, les deux sont amenés à tailler une bavette. Cette bavette manque cruellement de... je ne sais pas... de crédibilité, ou de relief, j'ai du mal à déterminer ce qui me chiffonne, mais peut-être est-ce justement parce que ces criminels ne sont au fond que de vulgaires tordus sans mystère. Peut-être la tension dramatique est-elle si forte pendant tout le livre que forcément, on est un peu déçu que ce ne soit "que ça", finalement, le meurtrier. On s'attend à trouver un monstre, on tombe sur un con. Forcément, ça calme.
Bref, amateurs de bons polars en tous genre, si vous aimez Chattam, King, Connelly, Cornwell et tous les bons auteurs du genre, ajoutez Franck Thilliez à votre bibliothèque si ce n'est déjà fait, c'est du lourd.
Les pages sont de l'édition Pocket.
Une interview du monsieur là :
11:22 Publié dans Je lis - je vois - j'écoute | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : franck thilliez, polar, littérature




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Commentaires
"...son sexe se tendit comme un matraque de CRS."
Comparaison un peu hasardeuse, à mon avis, à moins de considérer qu'une matraque de CRS est un instrument de plaisir. Mais peut-être que pour les CRS...
Quant aux "rouleaux à ramollir les pâtes à pizza et, éventuellement, le sexe", ça me laisse sans voix ! Et dorénavant je sens qu'il me sera impossible de voir une pizza sans penser à cette phrase ! J'espère que ça ne me coupera pas l'appétit. ;-)
Ecrit par : Boga | 27 avril 2008
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