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06 mai 2008
Le kéké dans la basse-cour.
C'est le printemps, et pour le jeune de 13 ans-et-demi, c'est la grande période de la découverte de ses glandes. La sève monte, gorge d'une chaleur soudaine le cerveau qui, peu habitué à autant d'activité d'un seul coup, tourne en boucle, fait des saltos arrière, des triples boucles piquées et des pirouettes sur un bras, à la vue du moindre mollet délicatement épilé de frais ou d'une crête rigidifiée au Vivel.
Alors quand arrive, en plus, un nouveau qu'il est trop-beau-ouah-j'le-kiffe-trop-lol , ça couine, ça glousse, ça hulule à tout va parmi la délicate gent féminine de la classe de quatrième.
Et vous pensez bien que, puisqu'en en plus, le bô gars a été exclu de son précédent établissement - c'est donc, tenez-vous bien les filles !!!!! - une caillera, un voyou, un méchant, un qui f'rait peur à ta grand-mère, un poète maudit, que dis-je, c'est un mec, quoi, un vrai - pour cette raison donc, le couinement de la fille de quatrième devient complètement hystérique et ne se maîtrise même plus pendant les cours.
Les autres garçons, ces vieilles chaussettes usées, dédaigneusement relégués en fond de salle, et dont, désormais, elles ignorent jusqu'à l'imitation ô combien risquée pourtant du cri du cochon, qui jusque là, les faisait frémir d'un rire convulsif, ces pauvres garçons donc, sont bien obligés maintenant d'en faire des tonnes en tentant de prendre une voix de baryton, en hennissant qui mieux mieux et en durcissant le bagel qui leur sert de biceps, pour montrer au nouveau qu'ils n'ont pas peur et qu'il faudra compter avec leur virilité aussi, hein, nân mais.
Las, j'en suis donc réduite à étudier le portrait de la pauvre Cosette devant une troupe couinante et hénissante, qui tortille du cul sur sa chaise, lance des regards rougissants par dessus un petit poing bien enfoncé dans la bouche, et me lance des regards noirs quand j'ai l'outrecuidance de leur demander "Bon, Mispoule, le champ lexical de la souffrance, tu m'le relèves, là, ou t'es trop occupée à rêver à ton futur mariage ?" (hénissement-couinement).
Heureusement, j'ai vu à la fin de mon cours le bô mâle en question qui donnait son adresse MSN à la belle blonde dont tous les gars rêvent en secret depuis le début de l'année. Les choses prennent un cours des plus naturels, les autres filles vont se rabattre sur les gars qui vont se rabattre sur elles, et toute la sève va pouvoir s'écouler tranquillement dans des veines apaisées.
Enfin j'espère.
Bon, ma sève à moi, elle va finir par figer et moisir, si ça continue, mais ça, c'est une autre histoire...
20:20 Publié dans proferie | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note




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Commentaires
Ta conclusion est trop pessimiste. C'est le printemps pour tout le monde, non ?
Pas seulement pour les élèves ! ;-)
Ecrit par : Boga | 07 mai 2008
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