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14 mai 2008
Cours de cuisine pour débutant.
Prenez une poire - le degré de maturité , la taille, la couleur, et la fermeté de la chair dépendent entièrement de votre goût personnel. Ne vous laissez pas, pour votre choix, influencer par les modes culinaires qui passent aussi vite qu'elles naissent.
Fut un temps, on aimait la bonne chère : on baffrait joyeusement des plats pantagrueliques, gras et généreux, bien enrobés d'une sauce riche et moelleuse. On appréciait en ce temps-là une bonne cuisse de dinde, du chou farci ou une brandade de morue. Puis est venu le temps de la nouvelle cuisine, où la norme devint la restriction de la quantité, le souci exarcerbé de la présentation. La qualité, a-t-on dit, comble largement l'espace laissé libre par la quantité. Ici, on parle de raffinement, de délicatesse, de luxe. On a alors préféré les asperges, les endives et les crevettes. Aujourd'hui enfin, le goût est à la cuisine moléculaire. Plus rien n'a le goût de son apparence. Ainsi, tel ressemble à un oeuf au plat qui est en fait une saucisse de Morteaux métamorphosée par les miracles de la science.
On pourra, pour cette recette, préférer un fruit juteux et sucré du marché local, à la peau peut-être par endroit flétrie par l'absence d'artifices de conservation, aux chairs çà et là cabossées par les aléas de la vie, mais au goût unique et sincère, à la générosité franche et sans fards.
Après avoir conquis la poire de votre désir, détaillez-la tout en délicatesse. Puis, faites-la mariner un bon moment dans un mélange d'épices bien piquantes, d'oignon qui fait pleurer, de sucre pour adoucir le tout. N'hésitez vraiment pas à pratiquer le mélange des genres ; en matière gastronomique, le sucré-salé et le chaud-froid sont des valeurs sures.
Vous pouvez, si vous aimez la cuisine de grand-mère, faire revenir votre poire en robe de chambre. Aujourd'hui, on préfèrera l'éplucher totalement avant cuisson, mais encore une fois, tout est affaire de goût. Dans le deuxième cas, pensez bien à être ferme dans l'intention, et très délicat dans le geste.
Faire boullir à feu vif, puis ramener à feu doux et laisser frémir. Faire frémir jusqu'à ce que la poire soit fondante à coeur. N'hésitez pas à, du bout des lèvres, goûter souvent. Soyez tout à votre recette, ne vous laisser pas distraire par d'autres préoccupations qui vous la feraient rater. Les meilleurs plats ont besoin de mijoter.
Attention toutefois à ne pas laisser cramer, c'est l'affaire d'un instant : un plat oublié sur un feu trop vif est bon à jeter. C'est ce qu'il y a de plus dur à rattraper.
Une fois la préparation terminée, vous pouvez enfin jouir de votre poire si patiemment amenée à devenir un plat raffiné.
Consommez sans attendre, ne laissez pas refroidir.
Vous aurez, si vous y avez pris un soin particulier, un souvenir plaisant pour la vie.
Une bonne poire ne s'oublie pas.
15:06 Publié dans j'écris. | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note




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Commentaires
L'eau à la bouche !!!
Ce genre de recette, toute en délicatesse et raffinement, laisse en effet des souvenirs inoubliables.
Mais il n'est pas toujours facile de trouver le bon fruit. ;-)
P.S. Mention spéciale pour le choix des termes utilisés dans ta recette.
Ecrit par : Boga | 14 mai 2008
Les termes s'imposent d'eux-mêmes, dans ce genre de cas ;-)
Ecrit par : shakti | 14 mai 2008
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