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16 mai 2008

La spécialisation du savoir.

Pendant la course contre la faim, dans un parc avec des herbes qu'on aurait dit la forêt amazonienne et des zinsectes qu'on aurait dit des anacondas avec des zailes, un petit, genre 5e, qui ne me connaît pas (pas encore, il va comprendre sa douleur l'an prochain, le zaffreux) :

- Madaaaaaaaaaame, ouuuuuuuuuuuuuuch, madaaaaaaaaaaameuuuuuhhhh, j'ai marché dans les zerbes, et ouaaaaaah, j'ai trop mal, y avait des zorties, j'ai troooooooooooop maaaaaaaaaal !

Moi, qui n'ai pas l'habitude des zaffreux aussi petits, attendrie par tant de candeur et de fraîcheur :

- Oh, ben, t'inquiète pas, tu t'es fait piquer par des zorties, ben ça passe en une bonne dizaine de minutes, faut juste pas gratter, tu vas voir, tu vas vite ne plus rien sentir. (Sourire "mère de famille attendrie"). Allez, continue, tout va bien, t'es génial.

Le môme, 1 mètre 2, oeil soupçonneux, qui me jauge de bazen-o et de hoten-ba d'un oeil plus que clairement dubitatif :

- Heu, ouais, mais bon, zètes prof de sciences nat, vous-là, mdam ?

- Ben, heu, en fait non, de français, mais bon tu sais, je suis déjà tombée moi-même dans des zortilles, alors bon, je parle d'expérience, quoi...

Ben le zaffreux, il est reparti tout déçu et sur qu'il allait souffrir pendant 10 ans !

P'tain, les sciences zumaines, c'est plus c'que c'était, question noblesse, hein !

 

                                      ++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++

 

Sinon, j'ai vécu un truc délirant ; le parc était évidemment ouvert au public, comme tous les jours, donc des gens se promenaient sans souci, mais se montraient bien un peu surpris de voir des zaffreux courir comme des dératés à moitié suffoqués. Comme j'occupais le poste stratégique de celle qui empêche les sorties intempestives de parc (d'ailleurs, je n'ai plus de glotte) - donc, naturellement, tu l'auras compris, près de l'entrée - je me suis pris tous les badauds.

Et chacun a commencé de la même façon, ce qui ne laisse de me... laisser perplexe :

(A trois mètres, les gens) :

- Madaaaaaaaaaame !

(A un mètre) :

- Oh pardon !!! Mademoiselle !!!

Moi, un peu énervée à force :

- Oui, enfin bon, ça ira quand même pour "madame", là, hein !

(les gens, étonnés)

- Oui, non mais vous avez le temps, jeune fille, hein, vous verrez !

P'tain ! je sais même pas comment je le prends, ça !

 

                                      ++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++

 

Ce matin, un excellente collègue et amie, retraitée de l'année dernière, brillante professeur agrégée de lettres classiques, qui a donné des cours pendant des années en prison, bref, encore une de ces femmes hors du commun, m'a dit, me croisant par hasard dans la rue : " Bouh, t'as une pauv' tête, toi, t'es crevée, hein !"

J'aurais préféré qu'elle m'appelle "ma petite mademoiselle" ;-)

 

Le jour où je saurai ce que je veux, je saurai que j'ai grandi. Pour le moment, je ne sais qu'à peu près ce que je ne vaux pas.

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Commentaires

"Pour le moment, je ne sais qu'à peu près ce que je ne vaux pas."

Intéressant, ce lapsus calami... surtout dans la phrase de conclusion... le sujet se déprécie en public... il aurait besoin d'un coach en estime de soi...

Ecrit par : Ali Devine | 16 mai 2008

Lol diraient mes djeuns, et ce ne fut pas un lapsus, le a dans l'e ;-) Un vrai veau, en fait !

Mais il est vrai que j'ai passé des années de dépréciation familiale, et que, oedipequement, j'ai tendance à reproduire, mais je ne père pas ès poire ;-)

Ecrit par : shakti | 16 mai 2008

T'es géniale...J'adore. A bientôt. BtB

Ecrit par : Btb | 18 mai 2008

Btb, tu viens de remporter le Canard d'or du compliment le plus sympa du mois ;-)

Ecrit par : shakti | 18 mai 2008

Merci ! çà fait un bien fou de te lire , tu sais ! surtout , ne change rien! A bientôt.Btb

Ecrit par : Btb | 19 mai 2008

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