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31 mai 2008

La drague sur le oueb.

Premières impressions de Meetic, où je me suis donc inscrite il y a quelques jours. Je me suis décidée aujourd'hui à envoyer une photo, et c'est complètement dingue l'afflux de "machin a flashé pour vous" et d'entames de dialogue que ça crée, purée ! Et pourtant, je ne suis pas Sharon Stone, hein !

Je suis plus jeune, et je suis méditerranéenne;-)

Donc là, j'ai particulièrement sympathisé avec un gars qu'il est trop mon genre et que très visiblement, je suis trop son genre aussi, on a MSNé et webcamé un bon moment, et au bout de quelques minutes, le voilà parti pour "envoie-moi des photos de toi" et "c'est quand qu'on se voit".

Hé bé, c'est qu'y en a qui perdent pas de temps.

En même temps, il a raison de vouloir voir la marchandise le plus vite possible, on ne fait que construire des images idéales de l'autre dans ces échanges virtuels.

Et pour être honnête, il habiterait tout près que je lui aurais sans doute donné rendez-vous demain - parce qu'il est quand même franchement belle bête, il a de l'humour, il me fait plein de compliments que ça fait trop du bien de s'entendre dire qu'on est jolie et appétissante, ça change des potes qui ne remarquent votre physique que pour vous faire remarquer que, tiens, t'aurais pas pris du cul ce mois-ci encore, toi ? - mais il est à 70 bornes, ça complique un peu le schmilblick.

Bon, rdv est pris pour demain en virtuel, la nuit porte conseil.

Le plus terrible sur ce site, c'est qu'on se retrouve du coup comme au supermarché, avec trop de choix, et tout con parce qu'on ne peut pas, raisonnablement, goûter à tout...

 

 

Pas fut' fut' la fille.

Depuis 3 jours, je me douche à l'eau glacée, rapport à mon chauffe eau qui a décidé de ne plus chauffer mon eau.

Le premier jour, je me suis dit qu'il avait eu un accès de paresse, ça arrive, bon, une machine qui décide une nuit de ne pas faire ce pour quoi on l'a fabriquée.

Le deuxième jour, pas folle la guêpe, je me dis qu'il est mort, et je laisse un long message affolé sur le répondeur de mon propriétaire, le sommant de faire venir un réparateur de chauffe eau dans les plus brefs délais, parce qu l'eau froide, ça raffermit la peau et ça fait briller les cheveux, mais bon, c'est froid.

Il ne me rappelle que ce matin, je le reçois donc assez... fraîchement au téléphone, zut quoi, j'me gèle les fesses depuis 3 jours quand même !

...

"Vous avez essayé de changer le fusible ?"

Qu'il me dit.

Ben non.

Pas pensé.

La honte.

29 mai 2008

L'effet papillon.

Conversation avec une collègue et amie aujourd'hui qui, à 40 balais, en est à son deuxième divorce déchirant. Les deux hommes de sa vie l'ont quittée après l'avoir trompée, manipulée, traitrée comme une vague serpillère. En plein deuxième divorce difficile, elle a une liaison avec un voisin, la cinquantaine, marié, qui lui "fait la cour" depuis deux ans, et qui a, oserais-je dire, sauté sur l'occase dès qu'il a senti la brèche. Ce qui est drôle, c'est qu'elle se sent coupable de faire des galipettes avec le monsieur, sous prétexte qu'il ne l'épousera pas (purée, manquerait plus que ça !!!). Mais, me dit-elle, ça fait tellement de bien de se sentir séduisante, de donner envie à quelqu'un de nous toucher, ça donne le sentiment d'être vivante.

Comme j'adhère. Mais comme j'adhère.

Dans mon célibat prolongé, mi-subi, mi-voulu, c'est sans doute cette sensation très particulière de vie qui me manque. La peau a sa vie propre, et s'anesthésie de n'être pas sollicitée, à part par le gant de crin et le rasoir Bic.

Je me suis donc réinscrite (je vous raconterai un jour la première session, ça vaut son pesant de fraises Tagada) sur Meetic.

Le problème, c'est que rien qu'à lire les pseudos des gars, je suis prise de crises de fous rires terribles.

"Latino_lover" ; "Grosnounours" et autres, j'y peux rien, moi ça me fait poiler. Bon, y a du boulot pour, comme un certain blogueur, maîtriser la drague en chat et y trouver bonheur (tu m'espiqueras, hein;-)

Nan je vous donne pas mon pseudo, hé oh ! Et rêvez pas, c'est pas Shakti, trop facile. Mais ça a son petit côté asiatique, bien sûr.

Allez, à la chasse ;-)

Grand-mère est tranquille.

753603930.jpgUne petite pensée pour Franck, l'ex-fan de la Nouvelle Star, hier soir. Où le politiquement correct - que l'on peut aussi appeler balai enfoncé profondément dans le fondement - sévit parmi la jeunesse soi-disant wok end woll, qui remue de la crinière en beuglant sa révolte contre l'ordre établi, mais faudrait quand même voir à ne pas choquer ma grand-mère quand même, hein. D'où des aberrations totales, comme hier soir.

Pendant la pub qui me priva momentanémant de mon beau Grégory (le docteur, sur la Une), je fis un tour sur le petite chaîne qui monte pour découvrir ce héron épileptique d'Ycar interprétant "Déshabillez-moi" de la Gréco. Franck est persuadé que l'Ycar préfère les garçons, mais que pour des raisons de segmentation de l'audience, on fait genre meuh non, et, pour rassembler les troupes de fans autour d'un consensus, on l'habille de manière un peu, ... hum..., moulante et échancrée, mais on lui fait chanter des chansons pseudo viriles, genre "Quand on arrive en ville".

Le comble du summum hier soir où il chantait "Déshabillez-moi.... Mais ne soyez pas co-meuh, toutes les fa-meuh, trop pressée".

Complètement débile. Qu'il préfère ou non les garçons, on s'en tape, mais la chanson perd tout son sens avec ce changement-là. Ahhhh l'audace de la jeunesse, y a qu'ça d'vrai.

27 mai 2008

Ah ! L'bâtros !

Souvent pour s'amuser, les hommes un peu volages

Prennent une jeune grue, pauv'fille bientôt mégère,

A l'heure où elle se croit dans la fleur de l'age,

Alors que la guettent les allures de mémère.

 

A peine les ont-ils frottés contre leurs hanches

Que, pleines de luxure, maladroites, amoureuses,

Elles laissent piteusement leur coeur qui s'épanche

Déverser ses pensées, gaies et douloureuses.

 

Cette fille amadouée, comme elle est gauche et veule !

Elle naguère si fière, qu'elle est risible en fait !

L'un, par cruauté, lui en fout plein la gueule,

L'autre mime en riant son visage circonspect.

 

Nous sommes quelques unes semblables à l'Evoquée,

Qui se grise d'Internet et oublie d'exister ;

Exilées dans la vie au milieu des tarés,

Nos âmes tremblantes nous empêchent d'aimer.

 

L'original, of course ;-)

tambouille.

En ce moment, j'ai le coeur légumier. Il se sent souvent poire, parfois truffe, et toujours, car il est un peu schizophrène, il garde un fond d'artichaut. Des toqués divers et variés l'ont touillé de bon coeur, l'on remué, tourné et retourné jusqu'à la nausée. Aujourd'hui, il est bien troublé, et n'est pas bien sûr d'avoir envie qu'on lui en remette une louchée. Il se sent bien tenté de pratiquer un jeûne strict, mais il est si gourmand que, le premier haricot un peu tendre venu, qui sait vaguement faire monter la mayonnaise, qui le fait un peu mariner, qui sait quand il peut doucement le chambrer, et quand il faut cesser de lui faire monter la moutarde au nez, ce haricot-là, donc, le rendra tout mou, tout fondant, je n'ose dire prêt à consommer, tant cela fait produit bon marché. Mais c'est un peu l'idée.

Des pépins pourtant, il en a assez eu, et il va finir en compote si on continue à comme un citron le presser. Faut lui lâcher la grappe, il en a marre de déguster.

La vie, j'vous l'dis, c'est pas d'la tarte, purée.

25 mai 2008

Rêve aseptisé.

Je me suis abonnée à l'édition en ligne de Courrier International, et les ressources sont tout simplement géniales ; 55 euros pour l'année, accès à toutes les archives, une présentation très claire et très pratique, franchement, je ne regrette pas l'abonnement. Une rubrique propose des revues de presse sur l'actu européenne - et pour moi qui ai du mal à bien comprendre ce truc qu'est l'Europe, c'est un bonheur, de trouver des articles classés dans des thématiques claires.

Je me suis bien sûr jetée sur l'actu en Asie, et dès la page d'accueil, on tombe sur un article sur les Tibétains en exil à Dharamsala.

 En ce moment, à Dharamsala, lieu du gouvernement tibétain en exil, à l'initiative d'un homme de 38 ans - qui en affiche 42 devant les dames, car la maturité assurerait le succès, dit-il ;-) - ont lieu les premières olympiades 100 % tibétaines, oragnisées car le drapeau tibétain n'a pas droit de cité à Pékin. Initiative symbolique, qui regroupe pour le moment 20 concurrents, 13 hommes et 7 femmes, tous plus qu'amateurs. Je passe sur l'initiative, qu'on peut trouver pittoresque et anecdotique - tous les concurrents doivent participer à toutes les épreuves, la natation a lieu dans un bassin de moins de 20 mètres de long, sans type de nage imposé, la course de vitesse d'un temple à une auberge, en pleine ville, les javelots sont en bambou, les survêt en acrylique, etc.

Le slogan de ces olympiades est en revanche intéressant : "Un monde, plusieurs rêves" qui fait écho au slogan des JO "One world, one dream". Et je me retrouve tellement plus dans ce pluriel, dans ce rêve d'un monde où on accepte les autres dans leurs différences, plustôt que de rêver à une uniformisation aseptisée, fade, sans racines, sans couleurs, sans histoire, consensuelle et donc forcément exclusive. Quel rêve choisit-on : le rêve de ceux qui massacrent les homosexuels en Afrique du Sud sous prétexte d'une "anormalité" ? Le rêve de ceux pour qui les Tibétains sont un peuple moyennageux qu'il faut à toute force faire entrer dans la modernité laïque et consumériste ? Le rêve de ceux pour qui le bonheur se trouve dans le portefeuille boursier bien garni et qui s'assoient sur le bien-être du plus grand nombre ?

Il n'y a rien de plus fascinant, quand on voyage, que de découvrir ce qu'on fait ailleurs du quotidien et du spirituel, et de se rendre compte qu'on ne détient pas LA vérité - qu'il n'existe pas de Vérité. Sortir de sa vision forcément étriquée du monde est une expérience troublante et merveilleuse. Je trouve donc bien dommage que l'aspiration d'un événement mondial de cette importance soit la méconnaissance de cette richesse de la pluralité fondamentale du monde.

24 mai 2008

communication.

En sortant de chez moi, ce soir, vers 19 heures, pour rejoindre un ami (youhou mon Loïc ;-) prendre un verre avant de rejoindre un couple d'amis au resto, j'ai croisé deux jeunes femmes, 25-30 ans, qui se disaient "au revoir" en ces termes :

"- Bon ben salut ma puce ! -Ouais ! Salut ! On s'revoit quand ? - Bon ben ce soir, chui sur MSN toute la soirée ! A plus !"

Et là, je repense à un truc entendu il y a quelques semaines, mais je ne retrouve plus du tout la source, disant que plus de la moitié des mecs célib trentenaires se trouvaient, le WE en soirée, derrière leur ordi.

Bon.

Les gars.

Faut que j'vous espique là.

Moi perso, j'aime bien le web. Les blogs. Les chats même, j'ai rien contre, même si j'y vais pas. Et Facebook, je suis over-addict, c'est dire. Bon, le postulat pro-ouèbe étant posé, posons-nous à présent la question suivante :

Zètes contents, là, derrière vot'foutu machin tout luisant (je parle de l'écran, bande de nazes) ?

Non, parce que par exemple, juste comme ça, pour dire, hein, moi, ce soir, pour rejoindre mes potes, je me suis fendue de chaussures à talons aiguilles, d'un pantacourt et d'un joli top rouge vif, que j'ai failli me tuer mes chevilles sur les pavés melanais (?) melunais (?) et que y en a marre qu'y ait pas de mâle dehors à c-te heure là, quoi. J'aurais su, j'aurais mis mes Kickers toutes pourries, rapport au confort des chevilles, quoi.

Bon.

Si vous zabitez Melun, pensez à sortir des fois, les gars, parce qu'on a quant à nous, les FAMES, l'impression qu'on est en surpopulation.  Je connais une tripotée de pré ou post trentenaires célibataires et fichtrement jolies qui ne demandent que l'occasion qui ferait comme qui dirait le larron. Alors on se décroche de son foutu clavier et de son analyseur de stats, et on va prendre un jus de tomates en terrasse.

C'est vrai, quoi, je voudrais vous y voir, en talons hauts sur les pavés, vous. Le tout en conservant une dignité altière. Essayez.

23 mai 2008

départs - arrivées.

Ca y est, il a enfin mis une tarte dans la tronche d'une collègue, il est donc convoqué en conseil de discipline. Je m'en veux à peine de me réjouir que je ne me la sois pas prise, la tarte.

Si on fait le compte, 3 des mes élèves seront passés en conseil de discipline cette année, les 3 (normalement ce dernier le sera !) exclus définitivement de l'établissement.

J'ai récupéré 8 élèves en cours d'année, dont 5 qui ont été exclus d'autres établissements. Et l'année n'est pas finie.

Contre toute attente, les élèves que j'ai récupérés se tiennent très bien. Ils font vraiment des efforts pour ne pas passer pour le taré asocial de service. On pense souvent que les élèves exclus ne se comporteront pas mieux ailleurs, et pourtant, je suis obligée de constater que ce n'est pas une généralité. J'ai sans doute eu beaucoup de chance que 5 élèves exclus sur 5 se tiennent à carreau, mais ça veut aussi dire que parfois, l'exclusion et le départ à zéro fonctionnent.

Tant mieux. Mais il faut avoir des chefs d'établissement qui acceptent d'avoir ces exclusions dans leurs statistiques, et malheureusement, c'est encore très mal vu. Nous en avons une qui a ce courage-là. Ouf.

22 mai 2008

les mots pour le dire.

Je sors d'un cours avec mes quatrièmes poulpes. J'ai très littéralement pété une durite pour la première fois de l'année, je leur ai hurlé dessus comme un gorêt. On est en fin d'année, ils ont 14-15 ans, seuls trois d'entre eux ont été diagnostiqués comme déficients mentaux - et deux d'entre eux n'étaient pas là, et voilà ce que donne un petit exercice de vocabulaire.

Je leur demande de trouver 6 adjectifs (je donne, bien sûr, des exemples d'adjectifs, sinon rêvez pas, c'est la bérézina) pour qualifier : le teint, les yeux, la silhouette, la voix. Rien de méchant pensez-vous? Voilà le résultat, un exemple vraiment représentatif de ce qu'ils ont produit, en 20 minutes.

La silhouette : care, ovale, gran, petit.

La voix : medium, grave, haute, grave.

Le teint : rouge, bleu, jaune, marron, noir.

Les yeux : rouge, bleu, jaune, marron, noir.

Je vais faire des exercices que je fais en début de sixième : mettre les mots au féminin (ajouter un e à la fin quoi). Il y a deux mois, je tentais de leur faire étudier des textes sur "la critique sociale au 18e siècle". Je vous laisse imaginer le nombre de pirouettes épileptiques que Montesquieu et Voltaire ont fait dans leur tombe.

Il me reste la poésie à étudier avec eux...

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