« Avec quoi pensent les garçons ? | Page d'accueil | Rectifiage de tir. »
27 juin 2008
La troisième voie.
Après ma lecture du toujours passionnant Ali Devine, que j'aime pour sa franchise et son intelligence acérée (entre autres cher collègue, je ne me risquerai pas à dénombrer les qualités intellectuelles que je te trouve ;-), j'ai pas mal turbiné toute la journée.
Je suis issue de l'immigration, fille d'une famille modeste qui a tout placé dans l'éducation, l'Ecole, qui m'aurait mis des trempes si j'avais eu le mauvais goût d'avoir une remarque négative d'un professeur sur un bulletin. Je ne m'y serais pas risquée - et je ne viens pas d'une famille violente, je ne parle qu'en théorie. Je suis d'une infinie reconnaissance à ma famille qui n'a jamais étudié, qui ne lit jamais de livre, de m'avoir toujours dit : "tout ce qu'on te demande, c'est d'être la première de ta classe." A qui je demandais la permission d'allumer la télé. Qui n'a jamais imaginé possible de me laisser avec un télé dans ma chambre. Qui eût trouvé scandaleux que je hurle dans un lieu public. Qui m'aurait arraché la peau des genoux si je m'étais aventurée à cracher par terre. Qui m'aurait crucufiée en place de Grève si j'avais insulté un adulte.
J'ai appris à fermer ma gu.... sauf en cas d'urgence, même face à des vrais cons de profs (et j'en ai eu), à composer, et je crois que ça s'appelle apprendre à vivre en société. Oui, accepter l'imperfection, c'est apprendre à vivre en société.
Un constat qui me fout en l'air aujourd'hui : les jeunes contestent. Tout. Surtout l'évidence. Et surtout toute décision professorale. Ils ont raison, et le gueulent à cordes vocales éperdues. C'est injuste. Tout est injuste. La mauvaise note alors qu'on ne retrouvera jamais trace de cours dans leur classeur ? Injuste. Le mot dans le carnet pour insulte ? Injuste. L'appel aux parents pour crachat dans les couloirs ? Injuste. L'heure supplémentaire faite gratuitement par le prof, pour faire du soutien soclaire en comité restreint ? Injuste (!). La remarque pour hurlement vulgaires ? Injuste. Tout ce qui entrave la libre circulation d'une liberté sans borne, d'une animalité assumée en somme, est injuste. L'éducation, le tutorat, l'apprentissage de la maîtrise, sont donc injustes.
C'est facile, à partir de là me direz-vous, de taper sur les parents, qui ont bon dos, y font ce qui peuvent, les pov'. Oui, d'un côté : on voit des parents trimer, bosser, ne pas être assez présents parce qu'il cumulent des boulots loin et les gosses en profitent. Certes. Je les plains, franchement. Mais franchement aussi, ce ne sont pas les plus nombreux - en tout cas, dans mon expérience. ce qu'on entend le plus souvent c'est : "Oh ben bon, ma fille, vous savez, vous lui avez mis une heure de soutien le mardi soir à 16h30, mais faut comprendre, d'habitude elle a pas cours, alors bon. Mais vous inquiétez pas madame, je vais lui payer une heure de cours en privé."
Mais bien sûr.
Mais je parie qu'on ne vous verra jamais accuser l'ordi dont vous vous plaignez sans relâche devant moi, mais que vous n'aurez jamais le culot de priver votre douce progéniture qui plafonne à 6/20 en français, mais dont vous dites vous-même : "Bon, ben j'aimerais bien qu'elle ne passe pas autant de temps sur l'ordi. Vous savez madame, jusqu'à 3-4 heures du matin, elle est dessus, et pourtant, j'arrête pas de lui dire que je vais le débrancher." En l'an de Grâce QUI-N'EXISTE-PAS, voui.
Et le Père Noël apparut, dans sa grande mansuétude, aux Bienheureux.
Je suis fatiguée des "injustices" des jeunes qui n'ont simplement plus de bornes - rien qu'à voir comment se sont passés les écrit du Brevet chez nous, les collègues qui ont surveillé sont horrifiés (je n'ai "que" corrigé, seconde main donc), on se rend bien compte que leur demander juste de se taire deux heures, pendant une épreuve nationale, est injuste. Et que tout cela est cautionné par le système scolaire, qui refuse de sanctionner même les cas d'insultes aux professeurs en pleine épreuve (source : chez ouam, ce matin). Je suis fatiguée des excuses à tout bout de champ des gens. On n'est pas des bêtes, assumons.
Je suis fatiguée de l'irresponsabilité chronique, et de tout ce petit monde qui se renvoie les fautes comme dans un jeu sur ordi, et au final, ce sont les gosses qui en profitent - mais surtout, SURTOUT, qui vont trinquer.
21:56 Publié dans proferie | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note



Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://polemos.hautetfort.com/trackback/1682397
Commentaires
Il me semble que nous avons eu la même éducation.
Et il me semble aussi que les vacances te deviennent une nécessité. :)
Ecrit par : Olivier Autissier | 27 juin 2008
Bah... Ils auront toujours Julien Courbet pour les défendre... Il débarque sur le service public, c'est révélateur, non ?!
Ecrit par : Jean | 27 juin 2008
je trouve ça super intéressant de voir l'autre côté! On a été appelés 2 ou 3 fois par le directeur, convoqués à deux reprises pour le comportement de l'ainé (6 ans et demi) par une maîtresse débordée par une classe de 20 élèves (oui, pleure: 20 élèves! et dans le public, hein!) à cause de 6 ou 7 specimen (dont le mien) qui sont ingérables! La psy de l'école nous renvoie dans la tronche que c'est parce-que "quand on lui dit "non", ben, il n'entend pas "non""... bizarre... on ne cède pourtant pas aux caprices, on ne l'a jamais fait, après les discussions, les punitions (privation totale de télé, de jeu vidéo...): rien n'y fait! ça empire, même! Il répond sys-té-ma-ti-que-ment, il est insolent, insultant, capricieux, pousse des hurlements... youpi! Je n'ai jamais eu envie d'être instit ou prof, maintenant j'en suis bien contente!
sinon, du côté de chez moi, un ado pas jouasse (une mère remariée qui ne voulait pas lui acheter un portable comme les copains) est allé au poste de police dénoncer des violences sur lui et sa fratrie... les adultes ont pris de la prison avec sursis, les petits ont démenti, le "grand" s'est rétracté et demande à retourner chez sa mère (ben, elle a les jetons, maintenant, elle n'en veut plus...)... Même les mettre au coin, je suis pas sûre que ce soit encore autorisé.. en tous cas, élever la voix ne l'est pas...
on fait quoi?
Ecrit par : Daydreamer | 27 juin 2008
On trouvera toujours un contre-exemple, une histoire qui ne rentre pas dans le cadre général de "il y a un mouvement générationnel de démission des parents dans l'éducation des enfants". Oui, il y a des gamins ingérables, quelle que soit la qualité des parents ; mais je pense que, globalement, les adultes (beaucoup de parents avec qui j'ai discuté, en tout cas) ont cette idée étrange que l'éducation est un truc qui se fait naturellement, que le gamin doit savoir les choses a priori... alors que c'est très exactement l'inverse !
Ecrit par : shakti | 28 juin 2008
c'est vraiment si "général"? On ne se rend pas bien compte, on ne les voit pas dans les mêmes conditions, les gamins. J'ai eu l'occasion de discuter avec les parents des autres élèves "un peu pénibles" (allez, je fais ma pc...), certains sont super sévères et puis, il y a ceux qui ont lu tout Dolto (ah, je les aime, ceux-là, avec leurs gosses qui t'insultent, et eux qui sourient!) et ceux qui préfèrent la version Halmos... il y a des enfants qui partent en live à l'école et à la maison, ceux qui sont sages à la maison et ceux qui sont sages à l'école (mon deuxième est comme ça, tiens..)... et ce, quelque soit leur situation familiale (enfant unique, ainé, deuxième, troisième... nombre de parents) et le comportement des frères et/ou soeurs quand il y en a... Ce qui en ressort, c'est qu'on a des enfants qui savent, qui comprennent (ils finissent tous leur 4ème année à l'école), pas toujours les conséquences de leurs actes (mais beaucoup d'adultes non plus) mais les règles de base: ne pas tabasser ses camarades, ne pas les pousser (surtout dans les escaliers), ne pas répondre, ne pas traiter son petit frère de "sale pédé" (ça, c'est réglé!), ne pas cracher par terre (on est pas des lamas, merde! bon, en même temps, ça, c'est réglé depuis la maternelle)... on n'est pas à cheval sur le guide des bonnes manières (pour jeunes filles de bonnes familles :D), juste le minimum (l'apprentissage prend du temps!)...
tout ça, ils le comprennent: mais ils refusent de l'appliquer!
Je pensais avoir été une élève pénible, mais mes parents m'auraient scalpée si j'avais fait le 10ème de ce que fait mon fils et l'école m'aurait virée, surtout...
Toi, tu les as en face toute la journée, tous les jours, et nous, tous les matins, tous les soirs et tous les week end, au lieu de profiter, on doit expliquer, rabâcher, sanctionner (et empêcher l'ainé de fracasser la tête du deuxième... par exemple...)... et tout ça, sans punition sinon on se retrouve avec les services sociaux à la maison (et ça m'est arrivé à moi aussi, même si ça s'est arrêté net, dans mon cas!)...
Tu es en vacances, bientôt, non? :D
Ecrit par : Daydreamer | 28 juin 2008
Tu dis que les jeunes comprennent ce qu'il ne faut pas faire, mais refusent de l'appliquer ; j'en ai quelques uns qui, quand je les chope à crachot de gros glaviots dans les couloirs, me disent niaisement : "Ben ouais, mais j'ai des glaires, fallait bien que je crache." On sait bien que, confusément, ces gosses savent que salir un lieu public est mal, mais ils ne voient pas à quel point c'est répugnant. Et la punition, malheureusement, ne le leur apprend pas. Au passage, je ne crois pas à la "punition éducative" qu'on veut à toute force nous faire faire : ou on punit, ou on enseigne, chaque chose en son temps, sinon, le gosse assimile l'apprentissage à une punition. Bref, je rencontre les parents d'un gamin qui m'a répondu ça ; il manque en outre sans cesse l'école, une heure par ci, une heure par-là, on me répond : "Ah ben oui, mais bon, il est souvent fatigué le matin, il a du mal à se lever, alors bon, c'est pas bien grave s'il rate un peu l'école, il y va le reste de la journée." Comment voulez-vous qu'un gosse, qui décide de sa vie à 13 ans, sache quoi que ce soit !!! Et pendant l'entretien, les parents regardent anxieusement le gosse pour lui demander la bénédiction sur ce qu'il sont en train de dire !
Voilà le type de jeunes dont je parle. J'ai pour ma part bénéficié d'une éducation assez ferme et ça ne m'a pas (du tout du tout du tout) empêchée de faire pas mal de conneries (dont peu, heureusement pour mon cuir, sont revenues aux oreilles paternelles). Mais j'ai toujours su que c'étaient des conneries, et que je les faisais pour transgresser. Et jamais, jamais, ces conneries n'ont fait de mal à d'autres qu'à moi-même.
En conclusion, on ne parle pas des mêmes jeunes : les tiens veulent à toutes force transgresser, mais connaissent les limites ; ceux dont je parle (et qui ne constituent pas, et de très loin, là majorité de mes élèves, heureusement, sinon j'aurai déjà changé de crèmerie) n'ont jamais eu aucune sanction, et n'ont même jamais vraiment été éduqués.
Luc Ferry, dans un entretien avec Bégaudeau sur lequel je pense faire un article dès que j'aurai cinq minutes, dit : "Depuis une trentaine d'années, la pédagogie moderne s'est élaborée sur l'idée que les enfants allaient s'autoconstruire." C'est très vrai, tant à l'école que chez une partie des parents. Et on est en train de payer, parce que la minorité agissante fait la loi, cette vision stupide de l'éducation, tant à l'école qu'à la maison.
Ecrit par : shakti | 28 juin 2008
l'autre différence entre les "miens" et les "tiens", c'est l'âge :D
j'ai un peu peur de ce que me réserve l'avenir avec l'ainé s'il continue sur sa lancée!
Sinon, pour ton ado de 13 ans qui va à l'école quand il veut: ça ne me surprend pas vraiment! Ici, même les directions des écoles admettent que les enfants quittent l'école une semaine avant la fin de l'année scolaire (ça semble entré dans les moeurs...): ça parait normal à mes copines de ne pas envoyer leurs enfants à l'école la dernière semaine alors qu'ils ne partent pas encore en vacances, ils sont sur place... juste, ils vont aller jouer au parc, à la place... Bon, sur ce coup-là, j'ai une chance qu'elles n'ont pas: mes deux "grands" se plaisent à l'école et je sais que dans moins d'un mois ils vont pleurnicher pour y retourner...
allez, c'est pas tout, faut que je les colle au grand-père, qu'il puisse les trainer au Q***k... :D
(pour les crachats: on ne t'a pas dit que les mouchoirs, c'était sale? c'est plein de microbes!!! ;-))
Ecrit par : Daydreamer | 28 juin 2008
Dans mon métier et dans ma vie, j'ai vue 2 types de parents d'enfants "non éduqués" : ceux des milieux "instruits" qui appliquent effectivement du "Dolto" à outrance c-a-d sans contre partie de fermeté là où elle me semble indispensable.
Et des enfants d'émigrés: ces enfants ont bien compris leurs droits et les parents n'osent intervenir de peur des services sociaux, n'osent aller discuter avec les enseignants car se croyant (souvent à tort) ignares...
En tant que travailleur social j'ai souvent été mal vue de mes collègues car j'ai défendu le coup de pied au c.. et même la fessée.Je me souviens avoir discuté avec un père d'origine portugaise, pour qu'il arrête les coups de ceinture mais par contre l'aidant à trouver la bonne punition pour son ado plus ou moins délinquant ( en fait j'aurais du signaler les coups de ceinture qui s'ils étaient inacceptables car trop violent, étaient sur le fond mérités)
S'il y a des parents laxistes, beaucoup sont dépassés et pas assez soutenu dans leur rôle de parents: au mieux on va faire à leur place, donc les destituer...j'arrête avant de t'écrire un billet sur ton blog ;-))
Ecrit par : jelaipa | 29 juin 2008
Dans mon métier et dans ma vie, j'ai vue 2 types de parents d'enfants "non éduqués" : ceux des milieux "instruits" qui appliquent effectivement du "Dolto" à outrance c-a-d sans contre partie de fermeté là où elle me semble indispensable.
Et des enfants d'émigrés: ces enfants ont bien compris leurs droits et les parents n'osent intervenir de peur des services sociaux, n'osent aller discuter avec les enseignants car se croyant (souvent à tort) ignares...
En tant que travailleur social j'ai souvent été mal vue de mes collègues car j'ai défendu le coup de pied au c.. et même la fessée.Je me souviens avoir discuté avec un père d'origine portugaise, pour qu'il arrête les coups de ceinture mais par contre l'aidant à trouver la bonne punition pour son ado plus ou moins délinquant ( en fait j'aurais du signaler les coups de ceinture qui s'ils étaient inacceptables car trop violent, étaient sur le fond mérités)
S'il y a des parents laxistes, beaucoup sont dépassés et pas assez soutenu dans leur rôle de parents: au mieux on va faire à leur place, donc les destituer...j'arrête avant de t'écrire un billet sur ton blog ;-))
Ecrit par : jelaipa | 29 juin 2008
samedi, après la marche des Fiertés, avec mon (mon quoi d'ailleurs ?) ami on va dire, on va prendre une pause et une bière sur la terrasse de l'Institut du Monde arabe. Chicos. Des tables, certaines au soleil, attendent les convives d'un repas assez select, ils arrivent au compte-goutte. Plus loin, sur la terrasse, en plein air, des fauteuils en rotin, pour faire salon.
La terrasse se remplit peu à peu, discussions courtoises, classe métropolitaine internationale, on pourrait se croire tout aussi bien à New York ou Shanghai.
Des couples sont avec des enfants.
Qui sont laissés à eux mêmes.
Qui courent partout, hurlent, et jouent à saute-mouton avec les fauteuils en rotin, c'est drôle, ça rebondit un peu quand on saute dessus. Pour ça, il faut se mettre sur le haut du dossier, et sauter à pieds joints sur le fauteuil. En rotin, terrasse de l'IMA, je vous dis pas le prix des fauteuils...
Et les parents qui ont laissé faire, 5, 10 minutes, et c'est long 5, 10 minutes. Et lorsqu'ils ont arrêté le jeu, ce n'était pas pour réprimander, non, pas pour expliquer en quoi c'était dangereux, en quoi cela pouvait embêter les gentils messieurs, en quoi cela pouvait esquinter les meubles, non, c'était pour faire passer à table, tout simplement.
Classe supérieure.
Qui a du temps, bien plus que la femme de ménage mère-célibataire qui doit cumuler 14 heures par jour pour loger et nourrir sa marmaille issue de plusieurs lits et qui est dépassée face à ses enfants.
Des parents dépassés, il y en a partout, de toutes conditions sociales.
Ecrit par : Franck | 30 juin 2008
C'est juste, c'est pourquoi je parlais de phénomène générationnel et non social ; c'est étonnant d'ailleurs cette trouille qu'on certains parents d'éduquer leurs baveux. Ne serait-ce que parce qu'un braillard mal élevé c'est super pénible ; alors imaginons les parents qui se les coltinent toute la journée.
Franchement, je ne comprends pas. Je vois par exemple qu'avec les élèves, les profs les plus respectés - et les plus appréciés - sont ceux qui savent mettre des règles claires, certainement pas ceux qui sont "sympathoches" et laxistes. Ceux-là se font bouffer le nez. Ca satisfait assez mes instincts sadiques, d'ailleurs ;-)
Ecrit par : shakti | 30 juin 2008
Très important cet échange, très bien illustré, ..Merci . çà fait du bien ...Le partage et l'échange parents profs font partie de la solution...Merci Shakti, t'es très efficacedans tes propos et merci aux parents de se livrer...Moi je suis un parent(seule) enseignant qui peut avoir des problèmes éducatifs aussi avec son enfant. Je ne me lasse plus de répéter mes principes éducatifs, cela fait partie de la solution aussi, ...La patience.Répéter, recommencer, répéter.....Et n e rien lacher ...Même quand on est crevé, fatigué, ...C'est souvent très dur. Mais il faut y arriver. On est des bouées d'amarrage encore pour un paquet d'années, avant qu'ils prennent leur propre rafiot pour aller voguer tout seuls, Si on n'est pas solides, ils s'en vont trop tôt, mal préparés.. BtB
Ecrit par : Btb | 01 juillet 2008
Ecrire un commentaire