30.09.2009
Ce qui reste.
Je passe en revue ce soir mes quelques albums photos de voyages. Je tombe sur LA photo qui m'arrête. Un paysage magnifique ? Une prise de vue audacieuse ? Un cadrage idéal ? Non.

20:50 Publié dans Mouwa | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
24.09.2009
Salsa !
Premier cours de salsa ce soir, et pas le dernier !
Après une longue journée de boulot, et un pétage de plomb d'élève (Vas-y t'es raciste !) - explication du père : "Faut comprendre, il aime pas quand les femmes lui donnent des ordres..."- ce premier cours où j'ai pendant une heure appris des pas de base de la salsa m'a fait un bien fou ! Au physique, de sentir bouger mon corps au rythme d'une musique endiablée, au moral, parce que concentration extrême oblige, on oublie tout, et on sort vidée, et heureuse.
Ce soir, j'ai envie de me trouver une lecture douce et riante. Je vais relire un de mes Garcia Marquez, tiens, L'amour au temps du choléra. Ca me changera des lectures génocidaires !
21:03 Publié dans Mouwa | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : danse
22.09.2009
Bastien Balthazar et moi.
Rompant avec la lecture génocidaire de ces derniers temps, je me suis fait un bien fou à lire (jamais fait avant !) L'histoire sans fin de Michaël Ende. Je déteste la fantasy en temps ordinaire, mais ce livre m'a simplement fait retrouver mes sensations de lectrice "jeune", lorsque je découvrais les contes, puis plus tard les grands romans du 19e siècle, l'histoire tumultueuse et si crédible de Jean Valjean et de Cosette, la lente agonie d'Emma Bovary, les combats héroïques et pitoyables du vieil homme contre la mer..., bref, je me suis, pour la première fois depuis très longtemps, retrouvée à lire un roman pour le plaisir de me laisser emporter dans l'histoire !
Que c'est bon ! Se blottir sous la couette le soir, avec un verre de lait, impatiente de savoir ce que cet idiot de Bastien va pouvoir inventer comme ânerie à faire au pays Fantastique ! Se faire prendre comme une bleue à vouloir savoir la suite, l'imaginer lors de toutes ces fois où l'auteur écrit "ceci sera conté une autre fois", s'endormir assise dans son lit, les lunettes de guingois sur le pif, les rêves au pays fantastique, en compagnie des personnages du livre !!!
J'ai poussé le vice hier jusqu'à ne pas lire les deux dernières pages, pour m'en laisser une miette ce soir. Pour les raresqui ne l'auraient pas lu ado, et qui ont envie de se faire un petit trip Peter Pan !
21:32 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : lecture
20.09.2009
Rupture.
Ca y est, j'ai rompu avec l'homme idéal.
Parfois, c'est à se demander ce qui déconne chez moi. Il m'a bien sûr demandé pourquoi. Je me suis sentie très con de répondre : "J'en sais rien. Tu es adorable, attentionné, intelligent, attirant, stable... Tu es certainement le fantasme incarné de toutes les trentenaires en mal de mariage. Mais je ne suis pas amoureuse, et je ne veux pas te faire perdre ton temps."
Je ne crois pas au grand amour. En tout cas, je suis sure de ne pas être le genre de fille qui puisse assez lâcher prise pour éprouver une grande passion. Je suis trop rationnelle, trop terre-à-terre pour ça. Je ne m'attends pas à vivre une passion dévastatrice, à rencontrer quelqu'un en qui je verrais "ma moitié".
Mais quand même, il m'en faut un peu plus que de l'amitié et de la gentillesse.
Une amie, avec qui je discutais de cela, me disait qu'elle était sure que les hommes pouvaient, pour se mettre en couple, se contenter de cela : bien s'entendre avec une femme, et accessoirement avoir physiquement envie d'elle. L'amour dans tout ça ? Le fruit de l'habitude, de la complicité.
...
J'ai quand même versé une larmichette, ce matin, en me rendant compte que sa brosse à dents était toujours dans mon gobelet.
11:44 Publié dans Mouwa | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
16.09.2009
La boulette du jour.
Copie d'une élève de quatrième, question de vocabulaire : donne la définition de "prendre quelqu'un en croupe".
Réponse :
"prendre quelqu'un par le derrière".
C'est beau l'innocence !!!
20:31 Publié dans proferie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Déclaration.
Un de mes troisièmes, que je connais depuis deux ans, ce matin, après le cours :
- Madame, je peux vous poser une question ?
- Certes.
- Vous êtes célibataire ?
- ...
- ...
- ...
- Je demande ça, parce que je vous aime.
- ... !! ? ??!!?.. (moment de solitude).
Je ne sais pas de quoi il retourne vraiment, je m'en suis sortie d'une pirouette ("Quel dommage que je sois si vieille !")
Ca promet.
17:49 Publié dans proferie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
15.09.2009
Poésie du matin.
Un élève, un garçon de 13 ans, ce matin, de retour de la bibliothèque municipale où je les avais emmenés à pied.
- Eh les gars, je rentre chez moi, et j'vous dis pas, j'vais me mater des films de uc, j'ai trouvé de ces trucs !!!
(moi) - Chauduc, tais-toi, on est peut-être dehors, mais tu es comme en cours de français, tes histoires, je ne veux pas les entendre !
10 secondes plus tard :
- Eh les gars, y a des vidéos trop chaudes ! L'autre jour, je matais un gars, la fille elle gueulait qu'elle voulait plus, et il lui enfonçait quand même dans le tr...u à cette sal...pe !!! Trop cool !
J'ai bien sûr appelé les parents, qui trouvent normal que "ça le travaille".
On ne peux pas dire moins, en effet.
22:51 Publié dans proferie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
L'homme idéal.
Voici quelques mois, je rencontrais un trentenaire qu'avait l'air normal. Entendez ni poivrot, ni misogyne, ni fifils à sa môman, ni sadique, ni maso, ni fétichiste de cornichons à la russe, ni affligé de tocs honteux.
Un cas rare, quoi.
V'là t'y pas que je te dragouille le trentenaire, et qu'ycelui répond favorablement à mes appels du pied, de l'oeil et du reste. Bon. Je me vautre depuis trois longues semaines dans une relation, comment dire, "de petit couple". Monsieur me parle de son désir d'enfant dès le premier dîner (mais qu'est-ce qu'ils ont tous à me parler de ça, en ce moment ? J'ai une tête de couveuse, ou bien ?). De sa dernière relation, qu'a duré huit ans (nom de de nom !!!).
Je me dis : "Ma grande, tu es enfin devenue une grande fille, tu es enfin tombée sous le charme du TYPE BIEN."
Chose que confusément, je pensais bien attendre, post-trentenaire célibataire que je suis.
Sauf que...
Eh bien non. Le trentenaire qu'a un pavillon en banlieue avec un garage et un jardin, moi, il m'emmerde. Je l'aime bien, cependant. Mais il m'emmerde. A me parler de sa famille, de ses potes qu'il va me présenter, et qui, les pauvres, sont "encore" célibataires à 35 ans (ah ouais ???). A me demander de m'inscrire avec lui à un cours de salsa près de chez lui, alors que je préfère y aller seule, près de chez MOI. A me ficher au visage qu'"une femme qui me dirait qu'elle ne veut pas de gosse, je la quitte tout de suite".
On croit souvent que les femmes trentenaires sont désespérées d'être seules. Pourtant, toutes mes copines finissent par se rendre compte qu'elles le vivent plutôt bien. Elles ont un boulot qu'elles adorent, elles investissent dans l'immobilier, font du bénévolat, ont une vie sociale, des sex toys, se cultivent, voyagent, et quelque-unes s'éclatent au lit avec des gars de passage. En revanche, les quelques mecs mi-trentenaires célib que j'ai dragouillés ces derniers temps m'ont TOUS hurlé leur besoin intense de "fonder une famille", me jetant leur désespoir à la tronche, et me faisant du coup partir à la vitesse du lièvre sous ecsta dans la direction opposée.
Ne me reste plus qu'à quitter mon trentenaire hautement mariable. Pfff, les gars : CAL-MEZ-VOUS !
22:37 Publié dans Mouwa | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : homme, célibat
13.09.2009
Réunion parents-profs, première.
Première réunion parents-profs samedi matin (et oui !), morceaux choisis.
La mère Quisétout Mieuquetoi.
Moi : - Et concernant la pière de Molère, je vais leur proposer l'Avare, qui passe bien, d'autant que je peux leur montrer une mise en scène de Louis de Funès très drôle.
Mme Q.M. : - Couic (vague couinement outré, qui s'accompagne d'un très vif pincement des lèvres, dont on sent qu'il s'étend à une partie plus charnue de son anatomie).
Moi : - Euh, oui, l'expérience m'a montrée que la langue de Molière est, à l'écrit, d'un abord impossible pour deux bons tiers d'une classe, je propose donc que les très bons élèves lisent l'oeuvre in extenso, mais que l'intrigue soit accessible à tous grâce à une version mise en scène !
Mme Q.M. : - C'est scandaleux, vous leur mâchez le travail, comment voulez-vous qu'ils progressent !
Moi : - Vous savez madame, je suis en train d'étudier un chapitre des Misérables avec eux, et pas mal de jeunes ne comprennent pas bien le sens littéral de beaucoup de phrases...
Mme Q.M. : - Oui, mais enfin, Hugo est beaucoup plus difficile à lire que Molière, les phrases sont plus longues.
Devant autant de bon sens et de bonne foi, je me suis lâchement enfuie en courant de la salle.
Le père Quigueulefort.
Père Q : - pourquoi l'année dernière, vous avez donné des devoirs et vous les avez pas corrigés ?
Moi : - Hum, monsieur, je n'avais pas de 5e, je n'avais donc pas votre enfant en classe !
Père Q, grondant : - Ah bon, c'est pas les mêmes profs que l'an dernier ???
Moment de solitude.
Moi : - Il ne me semble pas que nous nous connaissions, monsieur...
La Mère Quimaime bien.
Mme Q : - Ah !!! Vous êtes le professeur principal de mon fils ! Je suis tellement contente que ce soit vous ! (serrage de mains vigoureux et plein d'affection).
Y a des gens qui vous réconcilient avec les parents !
19:37 Publié dans proferie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : prof, parent
Jean Hatzfeld, Dans le nu de la vie.
Le génocide rwandais de 1994 est un mystère sans fond ; comment les avoisinnants Hutus d'hier, qui cohabitaient en bonne entente, se sont-il transformés en machine à trancher du Tutsi en chantant, à arracher le bébé du ventre de la mère, à brûler des enfants devant les églises, à découper des morceaux de pères et de soeurs, laissant leurs anciens compagnons de la Primus (bière belge) du soir agoniser des jours durant dans la boue, cruellement amputés ?
Le livre de témoignages de survivants tutsis n'y répond pas. Chacun des témoins avoue son incompréhension face à ce qui s'est passé. Une question les taraude cependant : pourquoi les militaires blancs ont-il fui le pays lorsque les premières machettes se sont mises à découper des bras et des jambes ? Pourquoi l'Occident s'est-il tant ému de l'exode hutu après l'arrivée des libérateurs tutsis du Burundi ?
La parole rapportée est proprement fascinante, tant pas le contenu, que par la beauté du phrasé. On entend l'accent africain dans ces phrases, riches en images, incroyablement évocatrice. Le livre vaut le coup rien que pour cette langue-là :
Les tueurs travaillaient dans les marais de 9 heures à 16 heures, 16 heures 30, au vu du soleil. Parfois, s'il pleuvait de trop, ils venaient plus tard dans la matinée. Ils arrivaient en colonnes, ils s'annonçaient par des chansons et des sifflets. Ils frappaient dans des tambours, ils semblaient très gais d'aller tuer toute la journée. Un matin, ils empruntaient un sentier. Quand on entendait les premiers sifflets, on s'enfonçait dans la direction opposée. Un matin, il trichaient, ils venaient de tous les côtés pour tendre des pièges et des embuscades ; et ce jour-là, c'était très décourageant parce qu'on savait qu'il y aurait le soir plus de tués que d'ordinaire.
L'après-midi, ils ne chantaient plus, parce qu'ils étaient fatigués, et ils retournaient en bavardant dans leurs foyers. Ils se fortifiaient de boissons et mangeaient les vaches, parce qu'ils les abattaient en même temps que les Tutsis. C'était vraiment des tueries très calmes et bien accomodées. Si les libérateurs su FPR avaient duré en route une semaine de plus, pas un Tutsi du Bugesera ne serait plus vivant pour contrecarrer les mensonges, par exemple sur la prétendue ivrognerie des criminels.
Le soir, après la tuerie, nous nous éparpillions dans la nuit pour creuser les champs et collecter du manioc et des haricots. C'était aussi la saison des bananes. On a mangé cru pendant un mois, à pleines mains terreuses, comme des vauriens. C'était le même sort pour les adultes et les petits enfants, qui n'avaient plus l'opportunité de boire le lait maternel ou des substances enrichissantes. Alors, beaucoup de gens, quand ils n'étaient pas frappés pas les machettes, ils étaient rattrapés par les faiblesses mortelles. Le matin, on se levait et on les retrouvait, à côté de nous, raidis dans leur sommeil. Sans une parole d'adieu, sans un dernier cadeau du temps, pour permettre de les recouvrir avec humanité.
Les nuits de pluie, on en profitait pour se frotter à l'aide de feuilles de palmes, et on se déblayait du plus épais de nos déchets et de nos saletés de boue (...) On n'échangeait pas beaucoup de mots joyeux, mais beaucoup d'accablements.
Récit d'Angélique Mukamanzi, 25 ans, pp. 79-80.
19:13 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : génocide rwandais, jean hatzfeld, lecture

