27 juin 2008

Avec quoi pensent les garçons ?

A l'instant sur France Inter, une jeune homme explique une étude très sérieuse qui sera publiée dans le prochain numéro de "Cerveau et psycho" (tout un programme) sur ... comment ramasser du mâle qui n'en veut à la plage.

On multiplie par 2,5 les chances de se faire draguer avec un tatouage au bas du dos.

On multiplie par 1,5 les chances de ramasser un excité du caleçon avec les seins nus.

On multiplie par 3 les chances de se faire coller contre la baraque à frites avec un string.

C'est décidé, cet été, à la piscine, je fais la totale ! Chui sûre que ça va marcher, puisqu'il n'a pas précisé de critère physique au départ !

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25 juin 2008

Sagan, le film.

Il faut que je trouve le moyen d'arrêter les films dont je sors les yeux bouffis et la goutte au nez ! Un très bon moment de cinéma avec ce film, des dialogues au couteau, du rythme, des personnages trempés et attachants.

Peut-être m'est-ce personnel, mais j'ai pris les citations de Sagan, qui rythment le film en voix off, en pleine face ; "Insensé lecteur qui crois que je ne suis pas toi", c'est l'apanage des grands auteurs de réaliser cet exploit : en parlant d'eux ou lorsqu'ils créent un monde, ils touchent au plus juste chacun de nous ; ils percutent ce qui nous est le plus intime, et qui est en même temps le mieux partagé. La solitude, la peur, la solitude encore.

Le film est drôle souvent, triste parfois, on peut trouver qu'à vouloir à toute force coller à la vraie Sagan, Sylvie Testud est parfois dans la caricature - notamment, je trouve, quand elle est Sagan jeune, après, c'est vraiment bluffant. N'empêche, ce film fait définitivement partie de la catégorie des films "pfiouh", ce dont je sors un avec un tressaillement dans l'âme, avec l'impression d'avoir entrevu quelque chose de moi-même, un reflet de la nature humaine.

A tout seigneur tout honneur : c'est pour une bonne moitié dans les citations choisies que reposent ces moments-là.

J'en connais une qui va compléter sa bibliothèque dès demain !

23 juin 2008

Solde monstre ! Du jamais vu !

Non, mesdames et messieurs, jamais plus vous n'aurez affaire à cette incroyable, cette inouïe, que dis-je, cette miraculeuse affaire chez Amazon, notre fournisseur de bonnes affaires préféré, puisque une oeuvre fondamentale sur la compréhension du phénomène religieux par la phénoménale Julia Kristeva vous est bradé à non pas 20 non pas 30 non pas 40 ni même 50 ou encore 60, mais bien à + 70 % de son prix d'origine !

Affaire unique, précipitez-vous!

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La photo a été prise ce matin, depuis, le site a rectifié et remis le "prix d'origine" à 18 euros ;-)

22 juin 2008

Mystiques et magiciens du Tibet.

ADN.gifSi je croisais la route d'Alexandra David-Neel -sait-on jamais, au détour d'une faille temporelle - je me mettrais tout de suite à genoux pour baiser le sol que ses pas ont foulé. Je ne vais pas refaire sa biographie, on la trouve facilement, mais juste vous parler de quelques livres de la dame, puisqu'après avoir lu le Voyage d'une parisienne au Tibet, j'ai acheté dans la foulée tout ce qui était disponible de la grande dame. On commence donc par Mystiques et magiciens du Tibet. Comme dans le Voyage, on n'a jamais de longs développements théoriques ennuyeux ; A. David-Neel est non seulement une savante, mais une excellente conteuse. Les exposés des croyances lamaïstes (bouddhisme tibétain, teinté de chamanisme bön) sont toujours agrémentés d'exemples concrets directement vécus par elle, ou qui lui ont été rapportés. Le ton est volontiers impertinent et du coup très drôle, par contraste avec la matière très sérieuse qu'elle traite.

 Une des premières rencontres qu'elle fait est celle d'un naldjorpa (un ascète) qui se comporte de façon très vulgaire et s'écrie par exemple : "faire des étoiles avec des crottes de chiens, voilà l'oeuvre", rappelant à nos oreilles occidentales un célèbre philosophe guère plus porté sur les bonnes manières. La réaction d'ADN est de remarquer que "l'humble disciple paraissait toqué, et surtout pas mal vaniteux".

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Deux érudits, l'un de la secte des geloup pa ("bonnets jaunes"), l'autre des "bonnets rouges", l'initient aux croyances lamaïstes sur la mort et l'au-delà.  Les bouddhistes ne croient pas à la réincarnation de l'âme, ni à l'existence d'une âme impermanente qui transmigregrait au gré de réincarnations successives. "Tous les agrégats sont impersonnels, il n'existe aucun moi dans la personne." Ce qui ... anime le nouveau corps à la naissance, c'est l'énergie produite par l'activité mentale et physique d'un être qui a été dissous. "Ce" qui voyage après la mort est une des multiples consciences que distinguent les lamaïstes, et qui est appelée "la conscience du moi", autrement dit (et je trouve ça abyssalement poétique) "le désir de vivre". Je dois bien avouer que je n'arrive pas, loin s'en faut, à comprendre cette idée - mais les jeunes lamas tibétains eux-mêmes trouvent cette notion "d'esprit" difficile à se représenter, fuyante et fluide comme l'eau qui s'échappe de nos mains.

Certains, revenus de la mort, racontent que l'âme voyage après la mort dans un des Bardo (une sorte d'entre monde), le paradis ou le purgatoire ; (chez nous, on voit bien un tunnel avec une super lumière, alors bon) ; les lamas initiés voient ces pérégrinations comme des images subjectives façonnées par la vie de ces gens...

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Selon la vie qu'on a menée, on peut se réincarner en dieu, en être humain, en fée ou démon, en animal, en Yidag (sortes de Tantale). Aucune condition n'est éternelle : c'est, pour certains, Chindjé, le juge des morts qui désigne les conditions de la renaissance.

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Durant un séjour à Podang, elle rencontre un lama dont le frère était "excellent homme, mari de deux femmes, toujours jovial, qui ne se piquait pas de philosophie et appréciait à sa juste valeur le bon Cognac de France dont il consommait plusieurs bouteilles par jour. très riche pour le pays, il achetait, au hasard, nombre d'objets dont il ignorait l'usage. Ce fut ainsi qu'[elle] le vit, un jour, lui robuste gaillard à la puissante carrure, coiffé d'un chapeau pour bébé de trois ans, orné d'un puéril rubal rose." Là, on lui raconte comment les lamas envoient des torma (des gateaux de forme pyramidale) effrayer les paysans qui refusent de leur obéir. Il va de soi que ces gateaux entrent dans les maisons ... par la voie des airs et propulsés par pure magie.

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Je dois bien avouer que je ne comprends pas grand chose à ces réincarnations qui n'en sont pas, puisque que toute l'aristocratie cléricale tibétaine est fondée sur la croyance dans les tulkous, qui sont, au choix, la réincarnation d'un ancien lama, soit une illusion, un être créé par la pensée par un bodhisatva, depuis le paradis. Siddartha Gottama serait le tulkou, le fantôme, l'illusion physiquement incarnée, du Bouddha resté tranquillement au paradis, et Jésus aussi (et cela dans plusieurs courants de pensée). Pour ces histoires de réincarnations pas toujours réussies, ADN raconte une anecdote que vous trouverez en deuxième position sur ce site ("récincarnation en ânon").

hercule.gifUn autre chapitre traite de l'initiation des novices, où ADN raconte en particulier l'initiation de deux lamas légendaires, Tilopa et Narota (au 10e siècle). Pour aller vite, Tilopa conquit la Vérité du "Sentier direct" (celui qui permet en une seule vie de détruire les résultats des actes et d'atteindre le Nirvâna) en... violant la reine des Dâkinis (sortes de fées tutélaires). Il transmit assez violemment sa doctrine à Naropa en lui imposant douze grandes épreuves et douze petites (Hercule était une vraie fillette à côté de lui). Par exemple, il lui enfonça une aiguille sous chaque ongle des pieds et des mains et l'enferma pendant plusieurs jours dans une cabane... L'illumination vient à Naropa d'une manière assez surprenante vu de tout ce qu'il a enduré : un soir, alors qu'ils sont tranquillous assis au coin du feu, Tilopa se lève, ôte ses pompes et met un violent coup de savate à Naropa en pleine face. Celui-ci comprend alors soudainement dans une illumination le sens profond du "Sentier direct" !

Enfin, ADN, toujours anedotes à l'appui, nous parle des loung-gom-pa, ces initiés capables de courir à des vitesses extraordinaires (plus vite qu'un cheval !) pendant très longtemps sans s'arrêter et sans boire ni manger. Voici le récit de sa première rencontre avec un loung-gom-pa :

Il était arrivé à une petite distance de nous. Je ne pouvais distinguer nettement sa face impassible et ses yeux largement ouverts qui semblaient contempler fixement un point situé quelque part, haut, dans l'espace vide. Le lama ne courait pas. Il paraissait s'enlever de terre à chacun de ses pas et avancer par bonds, comme s'il avait été doué de l'élasticité d'une balle.

groenland-banquise.jpgL'activation du toumo (la chaleur interne) permet à des initiés de survivre sans vêtements et sans feu dans des conditions quasi polaires ; l'épreuve d'intronisation consiste à s'asseoir au milieu d'un lac gelé, en plein hiver bien sûr, de creuser un trou, de plonger un drap dans l'eau et de l'enrouler autour de soi. Celui qui en sèche un maximum avant le lever du jour (parce qu'évidemment, ça serait trop facile sinon, l'épreuve se déroule de nuit) a gagné le titre de réspa. Il est de coutume pour les respa en goguette en Inde de se fiche royalement de la tête des sadhus qui s'y croient trop, dans leur pays chaud, à frimer en lungi en se dorant la pilule au soleil ;-)

Enfin, la pratique de la transmission de pensée est un phénomène qui étonne peu les Tibétains que cotoie ADN, qui fait elle-même des expériences troublantes àc e sujet, mais je ne vais pas tout vous raconter !

Si le sujet intéresse quelque peu mes lecteurs, ils trouveront dans Mystiques et magiciens du Tibet une lecture plaisante et instructive.

Le prochain livre dont je vous parle (mais faut d'abord que je le lise, rapport au sérieux de ce blog) est Le lama aux cinq sagesses, du même auteur.

15 juin 2008

OH you touch my tralala !

C'est dimanche, faisons la grève du neurone et entraînons nos zygomatiques. Il y a quelques temps, j'avais découvert chez David une vidéo de ce chanteur injustement méconnu des jeunes générations, Gunther, dont la classe n'a d'égale que le talent musical. Je m'étais pris un fou rire, et depuis, dans les moments de blues, je repense à cette chanson et ça va mieux. Je ne peux donc que vous conseiller de visionner le live in Los Angeles (du TRES lourd), et je vous invite à découvrir le clip vidéo qui mêle de sulfureux gros plans sur la moustache dudit Gunter, avec moue boudeuse et menton luisant (mais Gunther, fallait pas manger du poulet juste avant, enfin !), des images de belles jeunettes qui concourent toutes pour entrer au top 10 de la pose la plus rrrrhooooo viens là grand fou... Du grand art ;-)

 

Oui, c'est facile de se moquer, mais avouez que "you touch my tralala, you touch my ding ding dong, rhhhoooo", fallait oser !

Suite au commentaire de Lili, j'ajoute ce magnifique clip vidéo du classieux Teeny Weeny string Bikini (véridique) qui vaut son pesant de tongs en plastique et de Bob Ricard. Allez, courage :

 

11 juin 2008

la vision sagittale de la civilisation (ouais, j'me la joue j'ai trop de vocabulaire)

Journée formation aujourd'hui, à la Cinémathèque française, parce que je suis une fanatique de l'utilisation et de la création d'images en lien avec le texte dans mes cours.

Cette journée m'a permis de rencontrer une personne extrêment intéressante, un réalisateur (honte à moi, j'ai pas son nom sous la main !) qui m'a donné plein d'idées pour l'an prochain, en matière de création de projets. L'une d'elle est, par exemple, de faire prendre aux gnomes une photo de quelque chose qu'ils aiment ou détestent, et de leur faire faire un montage son où ils espiquent sur la photo pourquoi/pourquoi pas. Les profs qui ont des 4e en français comprendront mon intérêt pour l'histoire.

Moi, ce que j'ai aimé aujourd'hui, c'est ça :

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Deux heures de RER m'ont laissé le temps de dévorer l'essai de Norbet Elias publié pour la première fois en 1939, La civilisation des moeurs, qui retrace l'évolution de quelques... habitudes corporelles, dans un premier temps par le biais d'extraits de traités de savoir vivre, puis par une analyse syntéthique où l'auteur tente d'expliquer le pourquoi du comment des phénomènes. Les activités traitées sont par exemple (bien sûr) le sexe (mais franchement, ce fut le chapitre le moins intéressant : il arrive presque en bout de livre et on n'y apprend rien de plus sur les motivations des changements de comportements), le crachat, le pipi-caca, le sommeil (comment on dort : en public, à poil, au milieu du salon...), l'agressivité...

L'idée centrale - étayée - est que les changements viennent toujours de la "classe dominante" (l'aristocratie, puisque l'étude s'arrête à la fin du 18e siècle), qui supporte progressivement de moins en moins la vue tout d'abord des "émanations" corporelles de ses inférieurs, puis de ses pairs. Le mouvement est toujours celui d'une protection de soi des contacts avec les fluides corporels des autres. Ensuite, les classes inférieures, par strates successives, imitent les aristos, et enfin, en tout bout de course, l'ensemble des comportements est assimilé par le surmoi (je crois, je ne maîtrise pas trop cet aspect des choses) qui fait que l'adulte aujourd'hui s'autocensure absolument sans s'en rendre compte dans des domaines comme l'hygiène corporelle, le langage en public (d'où les réactions débiles de rire hystériques si quelqu'un dit "CACA" ou "COUILLE" à un moment jugé inopportun - là, par exemple, vous êtes outré, ou vous souriez, non ?). Bref, ce que nous prenons pour des conventions naturelles ne sont que normales, normées, induites par une évolution des moeurs appelée civilisation.

L'auteur m'a fait sourire en évoquant ces coutumes asiatiques qui permettent toujours de cracher à qui mieux mieux partout (ohhhh doux souvenirs des heures passées dans les bus indiens où les gars crachaient sans arrêt par la fenêtre... EEEuuuurrrrkkkk). Tant il est vrai que même lorsque les risques d'épidémies sont avérés, un mode de vie de se change pas d'un coup de cuillère à pot !

Parents, pensez à éduquer vos gosses ; combien de fois entends-je, de la part de collègues : "Ah mais bon, y sait pas à son age que (au choix) on ne hennit pas en cours / on ne crache pas dans les escaliers (entendu d'un de mes élèves de 14 ans hier : "mais madame, j'ai des glaires, faut bien que j'les crache !") / on ne parle pas de ses poils de cul à table (avant la troisième bouteille de Pouilly). Tout ça non par une loi naturelle, mais parce que l'ensemble de la société considère cela comme choquant.

Et être une personne normale n'est pas un état naturel, mais un état de correspondance à un ensemble de conventions.

Bref, bon bouquin, je n'ai pas envie ce soir, mais je vous livrerai quelques extraits de manuels de savoir vivre à propos de l'art de se moucher dans ses doigts lorsqu'on est à table, ou de cracher lorsqu'on est dans une église, prochainement !

08 juin 2008

La parodie malgré elle.

Sur France Inter ce matin, la chanson 'on du jour, dans l'émission "La prochaine fois je vous l'chanterai" ; je préparais ma marinade pour le déjeuner et j'ai dû tout arrêter pour pleurer de rire ! On a Alain Chabat qui nous fait un superbe chanteur has been qui s'y croit trop en parodie (on en voit aussi dans certaines fêtes de villes de province sous les spotlights de la place du village, mais c'est une autre histoire ;-) en la personne de Gilles Gabriel (je suis floouuuu de toaaaaa...). Mais c'est encore mieux quand c'est au premier degré. Voici donc les paroles de cette superbe chanson de Véronique Jeannot, not' Pause Café (ahhhhh mes douze ans !) préférée, et, faites-vous du bien, la vidéo !

 

17 mai 2008

Conseils avisés ?

Au gré de mes pérégrinations sur le web, je suis tombée sur ce site, qui propose à ces messieurs de conseils pratiques dans l'art délicat de la séduction - parmi bien d'autres choses, comme les meilleurs masques désincrustants et le drainage lymphatique anti-capitons... La virilité n'est plus ce qu'elle était !

Les conseils pour réussir un premier rendez-vous peuvent donc se résumer en quelques mots : comportez-vous comme un goujat, elle vous tombera toute cuite dans les bras... Fichtre ! Je vais devenir une lectrice assidue, pour comprendre peut-être enfin ce qui se passe dans la tête des zomes ;-)

11 mai 2008

Iron man.

Ca y est, j'ai trouvé LE gars que je veux et j'exige : Robert Downey Jr.

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Voilà, c'est exactement ça que je veux pour Noël. Sinon, y a mon anniv en août, si vous avez moyen de faire plus vite.

Bon, on peut aussi aller voir Iron Man pour l'histoire, bien ficelée, les effets spéciaux, super, voire cette pou....iasse de Gwyneth qui ne prend pas un gramme d'un film sur l'autre.

Ou alors, on peut y aller parce que Robert y passe pas mal de temps en Marcel voire (yippeeee yeah !!!) torse poil, et que ma foi, ça lui sied pas mal le style minimaliste.

Pas la peine de l'emballer, je consommerai sur place, merci.

Daoud Hari, Dans l'enfer du Darfour.

497159952.jpgCe qui obsède l'esprit à la lecture de ce livre, c'est que tout ce qui y est écrit continue à la minute même où on le lit. Les viols, les meurtres de masse, les femmes et les enfants brûlés vifs, les tortures, les exterminations à la machette.

Pour autant, le témoignage de Doud Hari n'est pas une compilation d'atrocités. En tant que guide et interprète pour des journaliste africains, britanniques et américains, il a dû écouter des centaines de témoignages ; il en rapporte quelques uns, peut être parce qu'ils sont "exemplaires" de l'abîme d'inhumanité dans lequel les miliciens ont plongé, peut-être plutôt parce que ceux-là l'ont marqué plus que d'autres. J'ai découvert ce monsieur dans Le grand journal de Canal il y a trois semaines, et il m'avait touchée par sa décence, refusant très poliment, en rusant, de donner des "exemples d'atrocités" alors qu'Ariane Massenet insistait pour qu'il en raconte, préférant parler d'humanité, et remercier le Ciel d'être en vie.

Le livre est évidemment un témoignage important sur ce qui se passe en ce moment au Darfour, mais il vaut au moins autant pour l'auteur lui-même, qui est incroyablement attachant. Il écrit avec beaucoup de gravité parfois, mais plus souvent encore avec de l'humour, ou du moins une distance souriante, avec cette capacité admirable de voir le bon côté des choses - il est en vie, une partie de sa famille a survécu au massacre de son village. Son grand frère adoré est mort ? C'est donc que son âme peut maintenant lui servir de guide en rêve, ou lorsqu'il invoque sa présence lorsqu'il se trouve emprisonné et torturé avec son chauffeur Ali et le journaliste Paul Salopek.

Bon, moi, je suis effondrée, en larmes, ce qui est pas mal - on a gardé, dit-il, en Occident, la capacité à s'indigner et à s'émouvoir. Mais bien sûr, ça donne surtout envie de se demander : et, moi, dans mon merveilleux confort occidental, je peux faire quoi ?

"Car cela n'a aucun sens de prendre des risques pour récolter des histoires et écrire des articles, à moins que les gens qui les lisent choisissent d'agir." (p. 284).

Il y a un peu plus d'un an, j'avais commis cette synthèse sur la situation au Darfour.

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