16 mai 2008

Crac boum hue !

La prochaine fois qu'un journaliste emploie le mot "couac" pour désigner ce qui se passe dans l'actu politique française, je me charge personnellement de lui montrer ce que ça donne quand on produit un vrai couac, de douleur. Ce matin encore, dans le Figaro.fr, ce qui s'est passé sur les OGM au Parlement était un couac. Pas une preuve de la rébellion des députés UMP contre l'omniprésident, pas un message à l'adresse du gouvernement, pas un manque de cohésion dans la politique de la majorité, non, un couac.

Cela dispense évidemment d'utiliser un mot qui a un sens, et qui supposerait un effort d'analyse au départ, qui permettrait de présenter des interprétations des événements. Non, onomatopétisons, c'est cool, et ça va plus vite. Le prêt-à-ne-pas-penser absolu.

Peut-être lira-t-on bientôt que les mesures ont fait pschittt, et que le Parlement a fait badaboum quand tout à coup, patatra, le président est venu en vroum-vroum et là, tada tada tout le monde a fait ouf.

Tout ce qui a déplu à l'opinion dans les décisions du gouvernement, dans les déclarations des ministres, est appelé "couac". Cela suppose donc que tout ce qui a fait baisser la cote de popularité du Président dans les sondages est assimilé à une erreur politique. L'erreur politique n'est plus une erreur de gouvernement, de logique dans la décision, mais une erreur de communication. Rien de bien grave, un grain de sable dans la machinerie autrement bien huilée, un crissement au passage, un grincement de dents, un couac.

L'idée même que les déclarations de Rama Yade contre la venue de Khadafi ou la colère de NKM sur la gestion du vote de la loi OGM soient importants, car ils montrent que la droite française n'est pas aussi soudée qu'on a bien voulu nous le vendre, et que ce sont de vraies opinions, pas juste des coups médiatiques, ne traverse pas l'idée du lecteur à qui on présente cela comme un simple "couac".

Pfiou, c'est bof bof, mais ouf, ça va bientôt faire plouf tout ça !