11 mai 2008
Daoud Hari, Dans l'enfer du Darfour.
Ce qui obsède l'esprit à la lecture de ce livre, c'est que tout ce qui y est écrit continue à la minute même où on le lit. Les viols, les meurtres de masse, les femmes et les enfants brûlés vifs, les tortures, les exterminations à la machette.
Pour autant, le témoignage de Doud Hari n'est pas une compilation d'atrocités. En tant que guide et interprète pour des journaliste africains, britanniques et américains, il a dû écouter des centaines de témoignages ; il en rapporte quelques uns, peut être parce qu'ils sont "exemplaires" de l'abîme d'inhumanité dans lequel les miliciens ont plongé, peut-être plutôt parce que ceux-là l'ont marqué plus que d'autres. J'ai découvert ce monsieur dans Le grand journal de Canal il y a trois semaines, et il m'avait touchée par sa décence, refusant très poliment, en rusant, de donner des "exemples d'atrocités" alors qu'Ariane Massenet insistait pour qu'il en raconte, préférant parler d'humanité, et remercier le Ciel d'être en vie.
Le livre est évidemment un témoignage important sur ce qui se passe en ce moment au Darfour, mais il vaut au moins autant pour l'auteur lui-même, qui est incroyablement attachant. Il écrit avec beaucoup de gravité parfois, mais plus souvent encore avec de l'humour, ou du moins une distance souriante, avec cette capacité admirable de voir le bon côté des choses - il est en vie, une partie de sa famille a survécu au massacre de son village. Son grand frère adoré est mort ? C'est donc que son âme peut maintenant lui servir de guide en rêve, ou lorsqu'il invoque sa présence lorsqu'il se trouve emprisonné et torturé avec son chauffeur Ali et le journaliste Paul Salopek.
Bon, moi, je suis effondrée, en larmes, ce qui est pas mal - on a gardé, dit-il, en Occident, la capacité à s'indigner et à s'émouvoir. Mais bien sûr, ça donne surtout envie de se demander : et, moi, dans mon merveilleux confort occidental, je peux faire quoi ?
"Car cela n'a aucun sens de prendre des risques pour récolter des histoires et écrire des articles, à moins que les gens qui les lisent choisissent d'agir." (p. 284).
Il y a un peu plus d'un an, j'avais commis cette synthèse sur la situation au Darfour.
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01 mai 2008
Lacrimal day.
Profitant d'une insomnie qui m'a tirée du lit à 3 heures ce matin, je décidai d'entamer la lecture du livre de Daoud Hari, Dans l'enfer du Darfour, le témoignage d'un Darfouri exilé aux Etats-Unis qui a servi d'interprète aux émissaires de l'ONU chargés d'établir si ce qui se passe au Darfour est un génocide, puis aux journalistes venus enquêter sur place. Il raconte la vie quotidienne dans les camps de réfugiés, les sorties dans les villages décimés où survivent quelques vieux, les récits des survivants. J'ai lu la moitié du livre cette nuit, avant que le sommeil se décide à prendre le dessus, autant vous dire que j'ai épuisé un nombre de mouchoirs assez volumineux. Je reparlerai du livre quand je l'aurai fini.
Pour me remettre de ces émotions nocturnes, je sors ce soir avec une amie, soirée ciné. Nous hésitons un moment entre Iron man et Deux jours à tuer, mais nous nous décidons assez vite pour le deuxième, nous sommes deux grandes fans d'Albert Dupontel.
Mes glandes lacrymales crient grâce. Comme disait Franck, c'est un film "pfiouh". Pas mieux. On avait l'air fines, la Marjo et moi, la truffe dans nos mouchoirs à trompetter à qui mieux mieux sur la chanson de Régianni qui clôt le film.
J'vais me regarder quelques sketchs de Gad Elmaleh pour me remettre d'aplomb. Et une demi tablette de chocolat noir pour le moral.
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